Mirrors – Alexandre Aja

Après les très bons Haute Tension et La Colline A des Yeux, c’est avec appréhension et intérêt que l’on attendait le nouveau métrage d’Alexandre Aja : Mirrors. En plus, avec Kiefer « 24 » Sutherland en tête d’affiche (non, ce n’est pas une insulte), on pouvait même espérer des scènes de torture de miroirs terroristes*.

Ou pas.

[* Désolé, j’ai un peu copié sur mon pote Nicky, j’le r’f’rai plus, maîtresse.]

Une fois devant le grand écran, les choses commencent mal. Parce que le printemps du cinéma, c’est bien, ça permet d’aller voir des films pour seulement 3,50 €. Malheureusement, ça remplit les salles de personnes qui n’en ont rien à foutre.

Plein de monde qui chuchote, d’autres qui bouffent du pop-corn durant toute la séance (habituellement, les seaux sont finis au pire dix minutes après le début du film ; là, non), et puis aussi monsieur Lourdaud, qui lui ne chuchote pas, non, il parle normalement à son voisin.  Et rit bruyamment à chaque fois qu’il y a une scène censée faire peur ou faire sursauter (si je peux admettre qu’on ne rentre pas dans le film, on ferme quand même sa gueule – respect, tout ça). Et qui fait joujou avec son portable dont l’écran est bien lumineux.

Ajoutons à cela la lumière de la sortie de secours qui projetait une lueur sur l’écran, et on est dans des conditions idéales de visionnage.

Bref, rien de tout cela n’est imputable à l’équipe du film.

Mirrors commence. Scène tendue, suspense, un homme court, il fuit quelque chose. Soudain, il jure. En français. Ah oui, une VF. Mmh… comme d’hab, les doublages sont moyens. Bon, c’est encore pas ça qui va m’immerger dans l’histoire, mais ma foi, je n’avais pas le choix : c’était VF ou que dalle.

Mais cessons donc de chipoter. Une fois toutes ces petits tracas oubliés, que vaut-il donc, ce film ?

Eh bien tout d’abord, de quoi ça parle ?

Jack Bauer, qui se fait appeler Ben Carson, est un ex-flic qui a démissionné parce qu’il avait tué un collègue dans une opération (comme quoi, c’est pas le vrai Jack Bauer – lui, il reste). Enfin, un truc dans le genre. De toute façon c’est pas très développé et c’est franchement le traumatisme bateau, cinématographiquement parlant. Il se trouve un boulot comme veilleur de nuit dans un grand magasin laissé à l’abandon suite à un incendie. Et dans le magasin, il y a plein de miroirs. Les boules.

En fait, ce qui est flippant, c’est que dans les miroirs, on voit des trucs. Qui ne sont pas des reflets de notre monde à nous. Ce qui n’empêche pas que ça peut avoir des incidences dans notre monde. Genre des morts, principalement.

Bon, faut bien voir que le potentiel de flippitude d’un miroir n’est pas très élevé, ou peut-être est-il mal exploité ici. Malgré quelques scènes gore, c’est avant tout une histoire d’épouvante, plutôt que d’horreur, or le sieur Aja ne m’a pas semblé aussi doué à foutre la frousse avec les outils qui étaient à sa disposition qu’il avait pu l’être à faire pisser le sang. Du coup, on se retrouve avec un métrage juste honnête, classique, hollywoodien, qu’on peut regarder sans déplaisir mais qui ne m’a pas transcendé. Pas mauvais, hein, mais peut mieux faire.

Beaucoup d’éléments sont en fait terriblement déjà-vu. ** Spoilers ** Et notamment l’explication comme quoi le magasin était auparavant une espèce d’asile où un docteur utilisait des traitements de choc. Et l’on finit avec l’arrivée d’un démon. Cool, sauf que, sans dire que c’était tiré du chapeau, cet aspect n’avait pas beaucoup été développé en amont. Ça arrive logiquement mais, je sais pas, ça ne m’a pas semblé être un point attendu et paroxystique. ** Fin spoilers ** En fait, je crois qu’à aucun moment je ne me suis réellement immergé dans le film. Mais c’est peut-être moi.

Pour finir sur une note plus positive, j’ai bien aimé la toute dernière scène. En plus, elle donne une explication sur un petit élément du début (explication, il est vrai, qu’on avait déjà devinée).

Bon, je suis peut-être un peu dur. Cette galerie des glaces (et dégueulasse) mérite sûrement une deuxième vision et – je l’ai dit – reste très honnête.

À part ça, petit scoop : après les miroirs, on annonce déjà une suite avec des tiroirs. Et là, ça promet. Parce que je peux vous dire que ça douille, de se pincer les doigts dans un tiroir. Je sens que ça va bien foutre les pétoches.

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5 Réponses to “Mirrors – Alexandre Aja”

  1. Bon bah j’avais eu la flemme de faire une note sur Mirrors, mais vu que ton article ne balance par le dixième du fiel plein de lulz que l’on peut faire sur ce film, ptêt que je vais prendre mon courage à plusieurs mains (même au repos) pour en rajouter plein.

    Sinon, au cas où je ne le fasse pas, je conteste (paske cé marrant de contester) : un potentiel de flippitude de miroir, dans une oeuvre cinématographique, est infini ! On peut tricher avec ce que le spectateur voit ou croit voir, imaginer plein de trucs de plans et de mensonges via les reflets, et tout. Et pour un film d’horreur, c’est un concept en pain béni.

    Sauf que là, comme tu dis, aucune idée sur la façon de faire peur, à part via des effets spéciaux qui font pas peur. Moi, j’ai rien trouvé de valable de tout le film qui se traîne pas mal, et qui mélange les genres de façon très fast foodienne. C’est chiant, quoi.
    Et moi je l’ai vu avec une salle presque vide, et en VO.

    Et le twist final aurait pu être bien… Si ça avait eu un sens par rapport au reste du film (ce que je défie de trouver, si on prend en compte tous les éléments). Or, raté.

  2. Yep, j’aurais pu balancer plus sur ce film, mais il m’a semblé que dans de meilleures conditions (surtout si j’avais été plus éveillé), j’aurais pu le trouver honnête. Là, franchement, je me suis ennuyé. Mais même a posteriori je vois pas trop ce qui peut relever d’autre chose que du simple scénar juste honnête déroulé honnêtement. Espérons que c’est un faux pas d’Alex Aja. A l’inverse, un film comme Vinyan, même si j’ai fini par m’ennuyer un peu, il a continué de trotter dans ma tête par la suite et je pense qu’il y a quelque chose dans ce film.
    Pour le potentiel de flippitude des miroirs, oui, j’ai été de mauvaise foi, je suis certain qu’on peut en faire quelque chose de bien. Ce qui m’embête dans Mirrors, c’est que c’est un film où, pour faire peur, on se contente de choses qui surgissent avec gros bang musical pour faire sursauter. Donc on sursaute, mais on n’est jamais angoissé, pas de peur qui s’insinue.
    Sinon, exact, on ne sait pas ce qui justifie l’épilogue mais bon, c’était sympa quand même dans l’idée.

  3. Heureusement que moi aussi j’ai vu ce film en période de 3.50 euros, je m’en serais voulu sinon. J’ai du sursauté uniquement à l’envol des oiseaux (et pourtant je suis plus que bon public, planquée dans l’épaule d’un voisin que je ne connais pas s’il le faut:p, une bonne grosse pétocharde).

    je trouve qu’on a tous les lieux communs: lieux abandonnés avec des choseeees horribles qui se sont passées dedans, entre les crâmés et les médecins un peu timbrés, on a le petit trip mystique,parce que bon quand meme c’est en amérique, alors une petite nonne schiso et/ou possédée, c’est indispensable.

    J’ai bien ri pour les scènes gores, parce que franchement, sploch la mâchoire, c’était grandiose.

    Et puis la fin, il manquait de buget? ce sont dit tiens, si on finissait avec le mec qui est comme qui dirait tout à l’envers dans un miroir?

    Enfin, j’ai bien ri, et même si c’était pas le but c’était plutot un bon moment:p

    (jai quand meme cherché compliqué moi, j’ai ecrit edsker (enfin le nom de la dame) à l’envers, histoire de voir si c’était un message, bah meme pas j’ai été déçue:p)

  4. C’est vrai que je n’ai pas vraiment parler des (deux ?) scènes gore, mais – peut-être suis-je blasé ? – elles n’ont pas eu d’impact sur moi. Quoique si, pour être tout à fait honnête, le décrochage de mâchoire, dans sa version *reflet dans le miroir*, était plutôt efficace. Pour la partie *baignoire*, je sais pas, je voyais trop le maquillage et les prothèses.

    A part ça, pareil, j’ai essayé d' »anagrammer » Eseker (carrément inversé aurait effectivement eu du sens). Et tout ce que j’ai trouvé fut « Seeker », simple inversion de deux lettres qui me semblait un peu trop facile. Et en fait non, y avait rien à trouver.

  5. […] dans lesquelles les miroirs tiennent une place prépondérante. On peut citer bien sûr le récent Mirrors d’Alexandre Aja. Et le nouvel avatar de cette mouvance en devenir : The Broken, de Sean […]

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