Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – Anna Gavalda

À ceux qui croyaient que ce blog ne parlerait que de fantastique, de SF, d’horreur et autres joyeusetés, en voilà le cinglant démenti. Car les dernières vacances (oui, ce que vous lisez ne se passe pas vraiment en temps réel) furent pour moi l’occasion de faire un petit détour par des territoires littéraires que j’arpente rarement. Par exemple, Anna Gavalda.

Je me suis donc attelé à ce recueil d’une auteure que je n’ai jamais lue et qui ne m’attirait pas vraiment. Pis moi, j’aime bien les nouvelles.

Déjà, ça commence mal, avec « Petites pratiques germanopratines« , une histoire sur une fille qui rencontre un mec, va au resto avec lui, et puis en fait on a l’impression de lire du Marie-Claire ou du Cosmo. Heureusement pour nous, c’est un début trompeur puisqu’on ne retrouvera pas vraiment cet esprit  dans le reste de l’ouvrage. Malheureusement, ça ne veut pas dire que la suite sera meilleure.

Plusieurs nouvelles rentrent dans une thématique « débuts d’histoire d’amour ». Je pense à « Ambre« , « Permission« , « Clic-clac« … Donc dans leur genre, oui, c’est pas mal. Faut juste aimer le genre. Un gars, puis une fille, des trucs, puis tu sens qu’ils vont se mettre ensemble. Voilà. « Permission » a un peu plus d’intérêt, puisqu’il met en scène un gars dont le frère a, selon lui, toujours réussi et eu ce qu’il voulait, là où lui a l’impression d’échouer. La fin viendra lui prouver le contraire. Ou bien non, puisqu’en y réfléchissant il est incapable de désirer quelque chose (quelqu’un) par lui-même, mais par rapport à son frère. Bref.

D’autres textes s’inscrivent dans une thématique « et alors ? ». Particulièrement « Cet homme et cette femme« , qui débute par un portrait assez réussi d’un couple en voiture. Cette esquisse tracée, cette présentation des personnages effectuée, le texte est fini. Ah ? Merde. Ben, fallait pas s’arrêter en si bon chemin. C’est dommage, tu tenais peut-être quelque chose, là. Faut pas se décourager aussi vite. On a aussi « The Opel Touch« , qui finalement rejoint un peu « Petites pratiques germanopratines » dans ce mépris envers certains comportements jugés beaufs ou impolis. « Junior » entre également un peu dans ce cadre des « et alors ? », malgré l’injection d’une situation « extraordinaire » (comment un sanglier se retrouve dans une voiture).

Car voilà, Anna Gavalda nous présente des situations de la vie courante. Terriblement courante. Ordinaire. Chiante. Avec à peine de quoi la rehausser, à peine de quoi nous donner l’impression qu’il se passe quelque chose, qu’il y a une raison pour raconter cette histoire précise. Car pourquoi relater un événement s’il est bêtement commun ? Il peut l’être, commun, mais alors il faut le mettre en valeur, en faire ressortir l’intérêt. Sinon, moi je vous raconte quand je bouffe mes Miel Pops et puis c’est tout.

Trois textes cependant ressortent (positivement) du lot. Rien d’exceptionnel, mais un petit élément en font des aspérités dans ce recueil désespérément plat. Peut-être m’ont-ils interpellé parce qu’ils sont plus ou moins dérangeants et s’approchent légèrement des genres qui m’intéressent habituellement. « I.I.G.« , tout d’abord, histoire banalement horrible. « Catgut« , ensuite, petite incursion dans l’horreur, mais avouons-le guère originale (une bonne idée d’aspirant écrivain du genre, en quelque sorte) et assez prévisible. Et enfin « Le fait du jour« , qui fonctionne plutôt bien. C’est le seul texte à chute et celle-ci est réussie. La structure même du texte est plutôt réussie, en fait.

Voilà, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part est un recueil peinard pour les aventuriers, les baroudeurs et les sportifs de l’extrême en manque d’ennui. De mon côté, la vraie vie me suffit amplement.

En résumé, Gavalda c’est pas pour moi.

Anna Gavalda

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

J’ai lu

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9 Réponses to “Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – Anna Gavalda”

  1. Bah, il te reste tellement de trucs à lire…
    (Djeeb, par exemple, on m’en a dit du bien, mais je le répète pas, ce serait de la promo bas de plafond)

  2. Promote, promote, mon ami.
    Mais je dois t’avouer que la lecture sur écran me fatigue rapidement. D’où le fait que je n’ai toujours pas jeté un œil à Djeeb le Chanceur.

  3. Vu ce que t’en dis, ça m’inspire pas vraiment… ça me fait penser à Raoul, le jeu de rôles qui sent sous les bras… l’élégance et le raffinement en moins… Pourquoi en fait-on tout un fion… euh un flan, de la Gavalda, là ?

  4. Ben ça doit plaire à du monde, vu le succès qu’elle a. Et vu qu’elle est publiée chez un relativement petit éditeur, il me semble (Le Dilettante), on ne peut pas prétendre que c’est par le matraquage publicitaire qu’elle a marché (au moins dans un premier temps). Mais il suffit peut-être d’amis bien placés (j’en sais rien, hein).
    Bref, je sais pas trop ce qu’on lui trouve non plus.

    A part ça, je connais pas Raoul :-)

  5. Frère Georges Says:

    Haha, j’aime beaucoup ta phrase de conclusion.

  6. héhé ;-)

  7. Moi j’aime bien Gavalda. Pas tout mais il y a des nouvelles assez bonnes.

  8. Eh bien, chère J., je suppose qu’il faut des amatrices (et -mateurs) de Gavalda en ce bas-monde. Pour ma part, je doute de retourner un jour à sa prose.
    Et puis bienvenue.

  9. Je comprends qu’on n’aime pas son style, son genre et son vocabulaire, mais si l’on s’intéresse de plus près à ses écrits, on peut remarquer un habile jeu des schémas narratifs et un travail sur l’apologue.
    En effet la plupart de ces schémas sont circulaires ( une avancée ou un recul pour revenir au point de départ ) comme I.G.G., Ambre, Je voudrais que qln m’attende quelque part, en point comme cet homme et cette femme. Très peu de ces nouvelles ont un caractère progressif… on peut y voir une volonté d’analyse, pas de narration.
    De plus le choix de personnages anodins et de lieux communs offre l’idée du n’importe où, n’importe qui » et permet par la même occasion une certaine catharsis..
    Après le style léger et relâché.. on n’aime ou on n’aime pas. Tout n’est surement pas bon à prendre mais sans être une baroudeuse de grands chemins, j’ai apprécier prendre le temps d’analyser, comprendre et presque interagir avec ces personnages que l’on côtoie tous les jours.

    bref si je poste ce commentaire, ce n’est pas pour défendre Anna Gavalda qui n’en a pas franchement besoins, mais plus pour apporter un peu d’objectivité. Même si une fois encore, il est logique et même sensé qu’un auteur ne soit pas approuvé a l’unanimité.
    (merci d’avoir lu jusqu’au bout ^^ )

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