100 fois sur le métier remettre son ouvrage

Aujourd’hui : épanchement de l’écrivain.

Sad keyAh, écrire… Doute perpétuel, remise en question, recherche du mot précis, de la phrase exacte, de la construction idéale… Qu’est-ce qu’écrire, si ce n’est 100 fois sur le métier remettre son ouvrage ?

Eh bien, ce peut être aussi 100 fois sur le métier mettre un ouvrage neuf, alors que le précédent est à peine entamé.

J’ai ce problème en ce moment, quand je réponds à un appel à textes : j’ai une idée, j’écris dessus, puis je me rends compte que je n’avance à rien, et que je n’aurais pas le temps de finir dans les délais impartis. En fait, le problème vient quand j’essaie d’avoir une idée originale, mais qu’elle est trop abstraite, que je ne sais pas quoi en faire. Du coup, l’inspiration se fait fastidieuse, les péripéties laborieuses… Je m’échine et je progresse avec difficulté.

Prenons par exemple un AT sur lequel j’étais dernièrement. Ça fait bien un an ou deux que j’ai prévu d’écrire quelque chose et une ou deux idées se disputaient le rôle. J’ai opté pour celle qui me paraissait être la plus à même de coller au thème et, depuis plusieurs mois, j’y pensais. Puis est venue la phase plus active, où je note mes idées plus précisément, où je dresse les personnages, où j’élabore le plan. Après quoi, je me suis mis à écrire. « Un écho du futur », ça s’appelait. Enfin, son working title. Une histoire de voyage dans le temps, bien entendu. Quatre pages d’écrits, puis la prise de conscience : je sais où je vais, mais je ne sais pas vraiment comment. Je ne maîtrise pas mon univers, mon personnage principal est fade. J’abandonne.

J’abandonne, car une nouvelle idée m’est venue. Sinon, j’aurais persévéré. La nouvelle prétendante me semble meilleure. « 1000 morceaux », qu’elle s’appelle. Elle m’offre plein de possibilités. Il ne me reste alors plus qu’un mois avant la deadline que je me suis fixé (derrière, j’aurai un peu de marge, mais très peu de temps libre). Je me lance. Trois pages. Ce que je vais pondre n’est pas à la mesure de l’ampleur qu’offre le concept. Je vois petit, je n’ai pas le temps de voir plus grand, et j’en suis à me demander comment je vais combler mes pages jusqu’à la fin, ou jusqu’à telle scène importante.

Et une autre idée germe. Je désespère. Dois-je à nouveau changer de monture ? Est-ce que je ne suis pas dans une fuite perpétuelle dans le but de ne rien écrire au final ? La peur de produire quelque chose ou, pire, l’incapacité de le faire ? Allez, engageons-nous dans cette troisième tentative. Juste comme ça, pour essayer. Voir si ça prend. Une semaine avant ma date-butoir.

Ça prend.

Des éléments pas follement originaux, un autre un peu plus (et sur lequel je miserai en partie), quelques visions clichesques… mais ça roule, ça coule tout seul, la nouvelle se déroule sans problème sous ma plume. Dans ma tête, l’histoire s’est mise en place sans trop de problèmes, le plan s’est fait tout seul. Cette fois, c’est la bonne.

Dans ce contexte, en tout cas. C’est certainement le plus facile, pour une nouvelle en tout cas, de développer, étoffer une idée de base simple, plutôt que de combler les trous laissés par une idée complexe. Partir d’un noyau, plutôt que combler une structure creuse.

Je sais pas si c’est clair. Je sais même pas si c’est vrai, tiens. Mais c’est mon sentiment.

Mais quand je voudrais passer à une forme plus longue. Une novella ? Un roman ? Là, je crois que l’écriture lâchée, cool, sera moins appropriée pour tenir la distance. En tout cas, il faudra que j’ai plus mûrement réfléchi mes intrigues. D’ailleurs, celles que j’ai laissées en plan feraient de bonnes candidates pour des récits plus développés. Je ne les abandonne pas vraiment, en fait.

Là, j’ai réussi à torcher mon texte en une dizaine de jours, débordant à peine des limites temporelles que j’avais prévues. Pour l’instant, c’est en train de reposer. Je relirai et peaufinerai ça bientôt. En attendant, je suis sur un autre projet. Je n’ai pas droit à l’erreur, cette fois. J’espère que ça va pas me refaire le coup.

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3 Réponses to “100 fois sur le métier remettre son ouvrage”

  1. Mais c’est l’horreur, ce que tu décris là. C’est juré, jamais je n’écrirai !

    (courage, lance-toi dans un roman – si ce n’est pas déjà fait ou en cours – ça aide vraiment à se tenir à son projet, et tu peux même y intégrer les idées parasites qui cherchent à t’en détourner)

    Ah, et puis pour faire mon vieux philo, j’avais lu ça « un artiste, c’est juste quelqu’un qui sait finir un truc pour passer à un autre ».

  2. Si si, écris. Je suis sûr que ça peut intéresser des éditeurs.
    À part ça, c’est l’horreur, je confirme. Le stress de la date-butoir, peut-être ?

    Ma prochaine fiction littéraire sera certainement une novella (ou un roman si ça s’emballe). Jamais tenté auparavant. Plus ça va, plus je ressens le besoin d’étoffer mes histoires. Et puis, no deadline, no stress ?

  3. On a toujours le stress de ne pas arriver à finir. Le temps est un ami qui te poignarde dans le dos.

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