The Chaser – Na Hong-Jin

Chugyeogja… ou The Chaser, si vous préférez. Polar coréen de Na Hong-Jin.

Je me méfie parfois du cinéma asiatique. Il y a souvent un rythme, une structure, des thèmes, des approches, auxquels on n’est pas habitué. Le balisage n’est pas le même que sur les films occidentaux. Du coup, un peu perdu, on a du mal à apprécier. J’en veux pour preuve (personnelle) Ring, les films de sabre à la Tigre et Dragon ou Hero, les Miyazaki et que sais-je encore.

Là, j’ai pris les devants. Je me suis dit « soyons ouverts », « préparons-nous à une narration différente »… et j’ai bien fait, je crois.

The Chaser, en effet, ne va pas où on l’attend. Prend des chemins étranges, des ruelles tortueuses à l’image du quartier labyrinthique qu’arpentent le héros et le tueur (ok, c’est un peu naze, la comparaison – mais je me tente des petits effets faciles).

Le héros, déjà, est un proxénète. Pas banal. Certes, Joong-ho est un ancien flic. Et il va se mettre à mener sa petite enquête après que ses filles se sont apparemment fait la malle les unes après les autres. Celles-ci ont toutes rencontré le même client, et Joong-ho pense que ce dernier les a revendues. Il va tout faire pour le retrouver, ainsi que Mi-jin, la dernière à avoir disparu. Ce que ne sait pas l’ancien flic – mais le spectateur, oui -, c’est que l’homme est en fait un tueur.

On se dit alors qu’on va assister à la traque du meurtrier… eh bien non, car celui-ci est rapidement arrêté. Nous voilà pris à contre-pied. Cependant, l’homme n’est pas très coopératif, et pourrait même être relâché faute de preuve. Or Mi-jin est toujours là, quelque part. En vie, Joong-ho en est persuadé. Il doit tout faire pour la trouver et la sauver. Et si ses anciens collègues l’aident parfois dans sa tâche, il va tout de même devoir lutter contre leur hiérarchie. Sans compter qu’il va aussi devoir s’occuper de la gamine de Mi-jin, qui se demande où est sa mère.

Le ton est sombre, sans beaucoup d’espoir. Ça se permet quelques digressions, qui intriguent parfois. On pourra également être déstabilisé lorsque le film tombe dans le burlesque. Mais ne pas s’inquiéter. Le tout forme une histoire forte, réussie, dotée d’une réalisation superbe (les pleurs dans la voiture, la course-poursuite dans les ruelles pentues…) et est au final un sacré bon polar. Premier film et une réussite pour Na Hong-Jin.

D’ailleurs, on annonce un possible remake avec Leonardo DiCaprio. Pour une fois, je ne crierai pas au scandale ; attendons de voir qui réalise (remember Les Infiltrés).

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